Pour un retraité qui vit loin d’un guichet — ou hors du Bénin — confirmer qu’il est toujours en vie peut impliquer des déplacements et des formalités. Depuis le 15 octobre 2026, les pensionnés du Fonds national des retraites du Bénin (FNRB) peuvent accomplir cette démarche à distance, pendant une campagne qui se termine le 15 novembre.
Une formalité à accomplir depuis le Bénin ou l’étranger
L’application mobile « Preuve de Vie » s’adresse aux bénéficiaires du FNRB résidant au Bénin comme à l’étranger. Pour l’utiliser, ils doivent renseigner leur numéro personnel d’identification (NPI) et le numéro de leur livret de pension, puis faire vérifier leurs empreintes digitales. Une confirmation est ensuite transmise, notamment par SMS ou courriel. Les communications mentionnent également WhatsApp.
Une autre voie est prévue pour les personnes qui ne peuvent pas utiliser l’application : des bornes biométriques installées dans certains espaces publics. Cette procédure nécessite une carte nationale d’identité biométrique. Le ministère indique que ces options doivent permettre de réaliser la démarche sans déplacement vers les services centraux.
Le lancement et les modalités ont été relayés par le gouvernement et par des médias béninois. L’information essentielle est également rapportée par Bénin Web TV et le quotidien public La Nation. Au 16 octobre, la campagne vient de commencer : aucun bilan public du nombre de pensionnés déjà enregistrés n’est disponible dans les informations consultées.
Une étape dans la modernisation des pensions
La preuve de vie s’inscrit dans une série de changements apportés à la gestion des retraites. En novembre 2020, le Bénin a engagé la liquidation automatique des pensions des agents de l’État admis à la retraite. L’objectif annoncé était de réduire l’attente entre le départ à la retraite et le versement des droits. La Direction générale du Budget a ensuite décrit cette réforme comme un élément de la transformation du service rendu aux pensionnés.
Le système béninois comprend plusieurs régimes. Le FNRB gère les pensions des agents de l’État concernés, tandis que la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) couvre notamment les salariés du secteur privé. Un mécanisme de coordination entre les deux organismes a été adopté en 2021 afin de mieux prendre en compte les périodes de carrière relevant de régimes différents. Cette distinction compte : la nouvelle campagne vise les pensionnés du FNRB, et non automatiquement l’ensemble des retraités affiliés à la CNSS.
Les rapports de la Direction générale du Budget confirment que la liquidation automatique et la coordination FNRB-CNSS font partie des réformes suivies par l’administration. Ils rappellent aussi que la gestion des pensions mobilise des moyens importants et que la situation financière du régime demeure un enjeu de pilotage public. La numérisation ne règle donc pas, à elle seule, les questions de financement ou de qualité des dossiers de carrière. Elle cherche d’abord à faciliter une étape précise : l’identification périodique des bénéficiaires.
Un gain de temps, à condition que l’accès suive
Pour les pensionnés installés loin des administrations, dans les régions ou à l’étranger, la procédure à distance peut éviter un trajet et réduire les contraintes de calendrier. Elle peut aussi simplifier le travail de vérification des services, en rapprochant les données d’identité et celles du livret de pension. Pour les personnes à l’aise avec un téléphone, l’application offre une démarche plus directe qu’un passage au guichet.
Mais l’accès numérique n’est pas identique pour tous. Il dépend de la disponibilité d’un smartphone compatible, d’une connexion suffisante et de la capacité à suivre les étapes biométriques. Les bornes constituent une solution de repli, mais leur utilité dépend de leur emplacement et de leur accessibilité. Les communications publiques consultées ne précisent pas encore le nombre de bornes, les horaires, ni les mesures d’assistance prévues pour les pensionnés qui rencontreraient un problème technique.
La biométrie apporte une vérification supplémentaire, mais exige aussi une attention particulière à la protection des données personnelles et à la gestion des erreurs d’identification. Les annonces officielles décrivent le parcours utilisateur ; elles ne détaillent pas, dans les pages consultées, la durée de conservation des données biométriques ni la procédure de recours en cas d’échec. Ces éléments seront importants pour apprécier la confiance accordée au dispositif, notamment par les retraités qui ne peuvent pas se déplacer facilement.
Un test concret pour les services publics numériques
Le calendrier est désormais le principal repère pour les bénéficiaires : la campagne officielle court du 15 octobre au 15 novembre 2026. Les autorités n’ont pas précisé dans les informations consultées quelles conséquences pourrait entraîner une confirmation effectuée après cette période. La communication gouvernementale annonce le dispositif, tandis que les médias béninois recoupent les dates et les options de démarche ; aucun chiffre d’usage n’est encore publié.
Au Bénin, dont la capitale est Porto-Novo, cette opération illustre un enjeu plus large pour les administrations ouest-africaines : rendre les services accessibles au-delà des guichets, sans exclure les personnes moins connectées. La CEDEAO, organisation régionale d’Afrique de l’Ouest, réunit des pays aux systèmes sociaux et aux infrastructures numériques différents. L’expérience béninoise ne vaut donc pas modèle uniforme pour toute la région. Elle offre toutefois un cas concret à suivre : la réussite se mesurera autant à la simplicité de la démarche qu’à la capacité des services à accompagner ceux que le numérique ne rejoint pas encore.