L’arrestation d’un journaliste au Nigeria met en lumière les défis auxquels sont confrontés les professionnels des médias dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Arrestation et critique de la loi sur la cybercriminalité
La semaine dernière, Daniel Ojukwu, journaliste pour la Fondation pour le journalisme d’investigation, a été arrêté à Lagos pour violation présumée de la loi sur la cybercriminalité. Cette loi est souvent critiquée pour être un moyen de censure. Selon son employeur, l’arrestation de M. Ojukwu fait suite à son enquête sur une affaire de mauvaise gestion financière impliquant un haut fonctionnaire gouvernemental.
Liberté de la presse au Nigeria
- Le Nigeria occupe la 112e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.
- Les journalistes au Nigeria font face à un environnement difficile, avec des cas fréquents d’enlèvements, d’arrestations et de poursuites, souvent en lien avec la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance du pays.
Le Comité pour la protection des journalistes indique qu’au moins 25 journalistes ont été poursuivis en vertu de la loi sur la cybercriminalité depuis 2015, avec huit arrestations sous le gouvernement actuel.
Violations des droits de l’homme
En dépit de récentes modifications de la loi sur la cybercriminalité visant à atténuer ses dispositions sévères, Amnesty International dénonce son utilisation continue par la police pour museler les journalistes et les critiques.
Situation de Daniel Ojukwu et réactions
- M. Ojukwu n’a pas eu accès à un avocat ni à des moyens de communication pendant les premiers jours de sa détention, en violation des normes légales.
- Le ministre nigérian de l’Information s’est engagé à résoudre l’affaire, mais des groupes de la société civile tant locaux qu’internationaux ont fermement condamné cette arrestation.
Une coalition de groupes de la société civile a qualifié cette détention de « symptôme d’un problème plus large » au sein des forces de l’ordre nigérianes, remettant en question leur indépendance et leur respect des principes démocratiques.







