Une proposition de loi visant à lever l’interdiction de l’excision en Gambie a récemment suscité des débats et des préoccupations au sein du parlement gambien.
Pressions contradictoires
Le parlementaire Almameh Gibba a déposé un projet de loi pour réautoriser la pratique de l’excision, interdite en 2015 lorsque Yahya Jammeh était au pouvoir. Cependant, des voix s’élèvent contre cette proposition, comme l’Association des avocates de Gambie, mettant en garde contre un recul en matière de droits des femmes. Des religieux musulmans influents soutiennent la levée de l’interdiction, tandis que des militants des droits des femmes s’engagent à défendre le maintien de l’interdiction.
Des enjeux complexes
La question de l’excision en Gambie est multifactorielle, touchant à la fois la religion, la culture, les droits de l’homme et la santé. Le chef du parti majoritaire au Parlement, Billay Tunkara, a souligné la sensibilité de ce débat et la nécessité de prendre le temps d’évaluer tous les aspects en jeu avant de se prononcer. Il reste encore des incertitudes quant au soutien politique en faveur du projet de loi.
La directrice de l’Association des avocates de Gambie, Anna Njie, a rappelé que si l’interdiction était levée, des recours juridiques pourraient être envisagés en cas de violation des droits fondamentaux des femmes. Ces débats interviennent après la fin du régime autoritaire de Yahya Jammeh en 2016.
Plus de trois-quarts des femmes gambiennes âgées de 15 à 49 ans ont été victimes de mutilations génitales, selon les données des Nations Unies, soulignant l’ampleur du défi auquel la société gambienne est confrontée en matière de pratiques traditionnelles préjudiciables.







