À Bissau, la Guinée-Bissau a transformé une soirée de qualification en démonstration collective. Face au Nigeria, l’une des sélections les plus expérimentées du continent, les Djurtus ont imposé leur rythme et signé une victoire nette, 3-0, le mardi 29 septembre 2026.

Ce succès place la sélection bissau-guinéenne en position favorable dans le groupe L des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2027. Il confirme surtout une évolution importante : la Guinée-Bissau ne se contente plus de défendre ses chances. Elle peut désormais bousculer les favoris lorsqu’elle maîtrise son entame et exploite ses occasions.

Une soirée maîtrisée au stade du 24-Septembre

Le match s’est joué au stade national du 24-Septembre, à Bissau. Les joueurs locaux ont rapidement pris l’initiative. Franculino Djú a ouvert le score à la 15e minute, donnant à son équipe un avantage précieux face à un adversaire réputé pour sa puissance offensive.

Le Nigeria a tenté de reprendre le contrôle du ballon. Pourtant, les Super Eagles ont manqué de précision dans les derniers mètres. La Guinée-Bissau, elle, a défendu avec discipline et a cherché les espaces derrière la ligne adverse.

Mama Baldé a doublé la mise à la 66e minute. L’attaquant a profité d’une action rapidement construite pour mettre les Bissau-Guinéens à l’abri. Ce deuxième but a aussi accentué les difficultés du Nigeria, obligé de se découvrir pour revenir dans la rencontre.

Dans le temps additionnel, Álvaro Djaló a inscrit le troisième but. Entré en cours de jeu, le joueur a conclu une nouvelle transition offensive et donné une ampleur définitive au succès local. Les trois réalisations ont été confirmées par les comptes rendus de la Confédération africaine de football et par des sources sportives indépendantes.

La Guinée-Bissau prend l’ascendant dans le groupe L

Après deux journées, les Djurtus occupent la première place du groupe L. Leur victoire intervient après un premier succès obtenu contre la Tanzanie lors de la journée inaugurale. Elle donne donc à la Guinée-Bissau un départ idéal dans cette campagne.

Le Nigeria reste un adversaire dangereux. Les Super Eagles avaient remporté leur premier match contre Madagascar. Toutefois, leur revers à Bissau rappelle que le statut historique ne suffit pas dans une compétition où les écarts se réduisent.

La rencontre s’est également déroulée sans Victor Osimhen, absent pour cause de blessure musculaire. La Fédération nigériane avait confirmé son forfait pour les deux premiers matches de la campagne. Cette absence a pesé sur le potentiel offensif du Nigeria, mais elle n’explique pas à elle seule l’écart du score.

La Guinée-Bissau a surtout gagné par son organisation. L’équipe a fermé les espaces, résisté aux temps forts adverses et accéléré au moment opportun. Elle a aussi bénéficié d’un secteur offensif capable de combiner vitesse, mobilité et efficacité.

Un résultat qui dépasse le simple exploit

Pour les supporters réunis à Bissau, cette victoire représente davantage que trois points. Elle renforce la confiance d’une sélection qui cherche à s’installer durablement dans le paysage du football ouest-africain.

La Guinée-Bissau avait déjà montré sa capacité à atteindre la phase finale de la CAN. Cependant, ses parcours précédents ont souvent été marqués par une qualification difficile et une marge réduite face aux grandes équipes. Le succès contre le Nigeria ouvre une autre perspective : celle d’une équipe capable de prendre le jeu à son compte.

Cette progression repose aussi sur une génération de joueurs formés ou développés dans plusieurs championnats européens. Franculino Djú, Mama Baldé et Álvaro Djaló incarnent cette circulation des talents entre la diaspora bissau-guinéenne et la sélection nationale. Leur complémentarité donne davantage de variété au jeu des Djurtus.

Pour la population, l’enjeu est aussi symbolique. Une victoire de cette ampleur renforce le lien entre la sélection et la capitale. Elle met en lumière un football national souvent moins exposé que celui du Nigeria, du Ghana ou de la Côte d’Ivoire, mais capable de produire des performances de haut niveau.

Le Nigeria et les autres favoris déjà sous pression

Le Nigeria devra rapidement réagir. Une défaite lors de la deuxième journée ne compromet pas encore sa qualification, mais elle réduit sa marge d’erreur. Les Super Eagles devront retrouver de la stabilité défensive et davantage de poids dans la surface adverse.

La deuxième journée a également livré plusieurs résultats marquants. La Gambie a battu le Ghana 4-2 à Accra et pris les commandes du groupe C. Ce résultat prolonge les interrogations autour des Black Stars, qui cherchent à retrouver une dynamique régulière après des campagnes récentes décevantes.

La Côte d’Ivoire a, de son côté, confirmé son bon départ en dominant la Somalie 2-0. Le Maroc a également obtenu une deuxième victoire, contre le Lesotho, tandis que l’Égypte a largement battu le Soudan du Sud 5-0.

Dans les autres groupes, la République démocratique du Congo a pris le dessus sur le Zimbabwe à Harare. Le Sénégal a remporté son premier match sous la direction de Patrick Vieira en battant l’Éthiopie 1-0. Le Mali, le Bénin et la Zambie ont aussi obtenu des résultats favorables.

La CEDEAO observe une hiérarchie moins figée

La performance bissau-guinéenne s’inscrit dans une Afrique de l’Ouest où la hiérarchie devient plus disputée. La CEDEAO, organisation qui rassemble les pays de la région autour de coopérations politiques et économiques, reste un espace marqué par de fortes rivalités sportives. Le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Sénégal disposent d’une longue tradition. Mais la Gambie, la Guinée-Bissau et d’autres sélections réduisent progressivement l’écart.

Cette évolution correspond à la profondeur croissante du vivier ouest-africain. Les joueurs issus des diasporas apportent une expérience internationale. Les sélections disposent aussi d’un accès plus large aux données, à la préparation physique et aux structures professionnelles.

Pour la Guinée-Bissau, le plus difficile commence maintenant. Il faudra confirmer ce résultat lors des prochaines journées, gérer le statut de leader et éviter que cette victoire ne reste un épisode isolé. Le groupe L pourrait se jouer sur la régularité, davantage que sur un seul match spectaculaire.

La prochaine étape sera donc scrutée avec attention. Les Djurtus ont pris l’avantage psychologique. Le Nigeria conserve les moyens de revenir. Entre les deux équipes, la course à la CAN 2027 s’annonce désormais ouverte, dans un groupe où la Guinée-Bissau a clairement changé de dimension.