Depuis 2017, la France est engagée dans un processus de désengagement militaire en Afrique. Ce changement de cap a été initié par le président Emmanuel Macron dans le but de mettre fin à une politique jugée paternaliste et asymétrique. Les récents coups d’État survenus au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont renforcé cette volonté de réduction des effectifs militaires.

Une nouvelle relation avec l’Afrique

Dans un discours prononcé à Ouagadougou en novembre 2017, Emmanuel Macron a appelé à une « nouvelle relation » avec l’Afrique, basée sur une approche moins asymétrique. Cette initiative fait suite à une critique croissante de la politique française en Afrique par la jeunesse africaine. Il est temps de mettre les actes en conformité avec les discours.

Des coups d’État précipitent le désengagement

Les récents coups d’État survenus au Mali en 2020 et 2021, au Burkina Faso en 2022 puis au Niger en 2023, ont accéléré le processus de désengagement militaire de la France. L’armée française a été expulsée sans ménagement de ces pays, ce qui a été perçu comme une humiliation après des années d’investissement dans la lutte contre les jihadistes.

Un conseil de défense fixe les contours de la réorganisation

En février dernier, lors d’une tournée en Afrique, Emmanuel Macron a annoncé la réduction des effectifs militaires. En décembre, un conseil de défense a défini les contours de cette réorganisation. Jean-Marie Bockel a été chargé de détailler cette réorganisation avec les pays concernés. Ce choix symbolique rappelle la critique de Jean-Marie Bockel envers la Françafrique, un système qu’il dénonçait pour sa corruption et ses intérêts commerciaux entre la France et ses anciennes colonies.

Les pays concernés par la réorganisation

Les pays concernés par cette réorganisation militaire sont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Tchad. Ces quatre pays accueillent des bases militaires françaises. En revanche, Djibouti, qui est tourné vers l’océan Indien, n’est pas touché par cette réduction des effectifs. Le cas de chaque pays sera étudié individuellement, mais il est prévu que la France maintienne des bases logistiques pour un éventuel déploiement en cas de besoin.

Des discussions délicates en perspective

La situation politique au Sénégal, où 350 militaires français sont encore positionnés, ne facilite pas les discussions. La présidentielle a récemment été repoussée dans la confusion, ce qui ajoute de l’incertitude aux négociations.

Au Tchad, où près d’un millier de soldats français sont encore présents, le commandement des forces françaises au Sahel est basé à N’Djamena. Cependant, cette mission n’a plus de raison d’être et des discussions sont en cours avec le président de transition, Déby Itno, qui cherche également à se rapprocher de la Russie.

Jean-Marie Bockel devra rendre ses recommandations en juillet, détaillant les modalités du désengagement militaire de la France en Afrique.