Les troupes érythréennes enlèvent des agriculteurs et volent des centaines de têtes de bétail dans les zones frontalières de la région éthiopienne du Tigré, 15 mois après qu’un cessez-le-feu ait mis fin à la guerre civile dans cette région et ait appelé à leur retrait, selon une note d’aide dont l’Associated Press a eu connaissance.
Situation tendue à la frontière érythréo-éthiopienne
Une note préparée le 31 janvier par le Groupement sanitaire de l’Éthiopie, basée sur une évaluation de deux districts proches de la frontière érythréenne par des agences des Nations unies et des organisations non gouvernementales, révèle que les troupes érythréennes continuent d’enlever des agriculteurs et de voler du bétail dans la région du Tigré. Des cas d’enlèvements et de vols de bétail perpétrés par les forces érythréennes sont rapportés. Ces allégations sont cependant contestées par Yemane Gebremeskel, ministre érythréen de l’Information, qui les qualifie de « fausses ».
Violations des droits de l’homme et crise humanitaire
La situation à la frontière entre l’Éthiopie et l’Érythrée reste tendue, malgré le cessez-le-feu signé en novembre 2022. Les troupes érythréennes occupent toujours plusieurs zones le long de la frontière, ce qui empêche les personnes déplacées par le conflit de rentrer chez elles et de cultiver leurs terres. Dans de nombreuses régions, l’armée fédérale éthiopienne n’est pas présente pour protéger les populations. Par conséquent, la note d’aide fait état de cas de famine et de dizaines de décès dus à la faim dans certaines zones difficiles d’accès pour les humanitaires. Les autorités du Tigré avertissent que la situation pourrait dégénérer en véritable famine si aucune mesure n’est prise rapidement.
Appel à un retrait érythréen
À l’occasion de l’anniversaire du cessez-le-feu, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a appelé les troupes érythréennes à se retirer de la région du Tigré. Il a souligné que davantage d’efforts étaient nécessaires pour instaurer une paix et une stabilité durables dans la région. Le gouvernement éthiopien, pour sa part, a été critiqué pour la lenteur de la mise en œuvre du cessez-le-feu et de la justice transitionnelle. Le programme de désarmement des anciens rebelles est également en attente.
Appel à l’aide internationale
Mercredi, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) a appelé la communauté internationale à soutenir la mise en œuvre de l’accord de paix et à aider les populations touchées par la crise humanitaire. En réponse, le gouvernement éthiopien a déclaré que des fonds avaient été promis pour remplir ses engagements et a appelé à une coopération internationale accrue.
La situation à la frontière entre l’Éthiopie et l’Érythrée reste préoccupante, avec des rapports d’enlèvements d’agriculteurs et de vols de bétail perpétrés par les troupes érythréennes. Ces allégations, bien qu’elles soient contestées par le gouvernement érythréen, mettent en évidence les défis persistants auxquels est confrontée la région du Tigré. Il est crucial que la communauté internationale agisse rapidement pour soutenir les efforts de paix et apporter une aide humanitaire nécessaire à ceux qui en ont le plus besoin.