Un groupe islamiste opérant dans la province septentrionale de Cabo Delgado au Mozambique a utilisé des enfants soldats âgés de seulement 13 ans lors d’une récente attaque contre une ville. Les résidents qui ont fui ont reconnu certains de ces enfants soldats comme étant leurs parents disparus, selon une déclaration faite par le groupe de plaidoyer Human Rights Watch.

Recrutement d’enfants soldats en Cabo Delgado

Al-Shabab, affilié au groupe État islamique, a été accusé par les agences de l’ONU d’enlever des enfants pour les utiliser comme soldats dans leur insurrection dans la région depuis 2017. En mars, une recrudescence des attaques a entraîné la disparition d’au moins 70 enfants, selon les autorités locales et des agences d’aide.

  • Des témoins ont rapporté que des dizaines d’enfants soldats, portant des armes à feu et des munitions, ont été impliqués dans les attaques.
  • Des résidents ont identifié certains enfants comme étant des membres de leur famille disparus, dont un garçon de 13 ans.
  • Le recrutement de soldats de moins de 15 ans constitue un crime de guerre selon le droit international.

Commerce illégal de bois et financement de l’insurrection

Les attaques à Cabo Delgado coïncident avec des allégations de commerce illégal de bois vers la Chine, selon une enquête de l’Agence d’investigation environnementale (EIA).

  1. L’EIA a révélé que des négociants chinois achetaient du « bois de conflit » aux insurgés et l’exportaient illégalement.
  2. Les bénéfices tirés de cette activité étaient utilisés pour financer l’insurrection dans la région.

L’intervention de l’Afrique du Sud et d’autres forces régionales vise à endiguer l’insurrection qui a débuté en 2017. Malgré cela, le conflit a forcé plus d’un million de personnes à fuir leurs foyers, causant des milliers de décès et menaçant un projet de gaz naturel de plusieurs milliards de dollars à Cabo Delgado.

Réponses et implications internationales

Des soldats sud-africains, rwandais et mozambicains sont déployés dans la région pour contrer l’insurrection, bien que des retraits de troupes aient été annoncés récemment.

  • Le Mozambique doit faire face à des défis sécuritaires graves, couplés à des problèmes de commerce illicite et de financement de conflit.
  • Les agences humanitaires soulignent l’impact dévastateur du conflit sur la population locale et sur les projets de développement de la région.

La situation à Cabo Delgado reste préoccupante, avec des enjeux de sécurité, de droits de l’homme et de développement qui exigent une action concertée à l’échelle nationale et internationale pour garantir la stabilité et le bien-être des habitants de la région.