Sur la route entre Mombasa et Nairobi, un déplacement religieux s’est transformé en drame collectif. Dix-sept fidèles catholiques ont perdu la vie dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 octobre 2026, dans le comté de Makueni, au sud-est de la capitale kényane.

Une collision en chaîne à Salama

L’accident s’est produit peu après minuit, dans le secteur de Salama, sur la grande route reliant Nairobi à Mombasa. Plusieurs véhicules, dont des poids lourds et un minibus, ont été impliqués dans la collision.

D’après les premiers éléments communiqués par la police kényane, un camion aurait tenté de dépasser un autre poids lourd. La manœuvre aurait déclenché une série de chocs impliquant notamment le minibus qui transportait les passagers.

Les dix-sept occupants du minibus sont morts sur place. Le groupe comprenait le conducteur et seize passagers, dont une majorité de femmes. D’autres personnes ont été blessées et prises en charge dans des structures médicales de la région.

La National Transport and Safety Authority, l’autorité kényane chargée de la sécurité des transports, a dépêché une équipe d’enquêteurs sur les lieux. Ses investigations doivent notamment porter sur l’état des véhicules, le respect des règles de circulation et les circonstances précises de la collision. L’enquête annoncée par la NTSA n’avait pas encore établi de responsabilité définitive au moment des premières communications officielles.

Des pèlerins en route vers Subukia

Les victimes venaient de la paroisse catholique de Mikindani, à Mombasa. Elles se rendaient au sanctuaire national de Subukia, dans le comté de Nakuru, pour participer à une journée nationale de prière.

L’archidiocèse catholique de Mombasa a confirmé l’identité collective du groupe et exprimé sa douleur. Cette précision permet de comprendre le trajet effectué : les passagers avaient quitté la côte kényane pour rejoindre une destination située à plusieurs centaines de kilomètres, dans l’ouest du pays.

Le président William Ruto a adressé ses condoléances aux familles, aux proches et à la communauté catholique. Les autorités religieuses ont, elles aussi, appelé au soutien des familles endeuillées et à la prise en charge des survivants.

Les autopsies des victimes devaient être organisées à l’hôpital de Sultan Hamud, dans le comté de Makueni. Les dépouilles devaient ensuite être transférées vers Mombasa, où résident les familles et la paroisse concernée. Ces étapes restent essentielles pour garantir une identification complète et une restitution digne des corps.

Un tronçon déjà identifié comme dangereux

Le secteur de Mlima Kiu-Salama est considéré par la NTSA comme un « point noir », c’est-à-dire une portion de route où les accidents graves se répètent. L’autorité affirme que des recommandations avaient déjà été formulées pour renforcer la sécurité sur cette partie de l’axe.

La route Nairobi-Mombasa joue un rôle central dans l’économie kényane. Elle relie la capitale au port de Mombasa et supporte un trafic dense de camions, d’autobus, de minibus et de véhicules particuliers. Elle traverse également plusieurs zones urbaines et rurales, où les usagers partagent parfois une chaussée très fréquentée avec des moyens de transport locaux.

Dans ce contexte, une manœuvre de dépassement peut rapidement provoquer une collision en chaîne. La circulation nocturne augmente aussi les risques lorsque la visibilité baisse, que les véhicules sont difficilement repérables ou que la fatigue réduit les capacités de réaction des conducteurs.

Les causes exactes de l’accident devront toutefois être établies par l’enquête. Les autorités n’ont pas encore confirmé l’ensemble des facteurs possibles, notamment l’état mécanique des camions, la vitesse, la visibilité ou la configuration précise de la chaussée.

La sécurité routière reste un enjeu national

Le Kenya enregistre chaque année plusieurs milliers de morts sur ses routes. Les données officielles sont toutefois susceptibles de sous-estimer le bilan réel, notamment lorsque les décès surviennent après le transport des blessés vers un établissement de santé ou lorsque les incidents ne sont pas immédiatement centralisés.

Les autorités kényanes citent régulièrement plusieurs facteurs de risque : excès de vitesse, dépassements dangereux, défauts mécaniques, conduite sous l’effet de l’alcool et mauvais état de certaines infrastructures. À cela s’ajoutent les difficultés d’intervention sur les axes très fréquentés et la circulation nocturne des poids lourds.

Les conséquences ne sont pas les mêmes pour tous. Les familles des passagers supportent le coût humain et financier du drame. Les transporteurs font face aux pertes de véhicules et à l’interruption du trafic. Dans les zones rurales, les hôpitaux doivent parfois accueillir plusieurs blessés avec des moyens limités, tandis que les activités commerciales sont perturbées par la fermeture temporaire de l’axe.

Un signal pour l’Afrique de l’Est

Le drame de Salama dépasse le seul cadre du comté de Makueni. La route Nairobi-Mombasa est l’un des principaux corridors de transport de l’Afrique de l’Est. Elle relie le port kényan aux marchés intérieurs et aux réseaux commerciaux connectés à la Communauté d’Afrique de l’Est, l’EAC, qui regroupe plusieurs pays de la région.

La sécurité de cet axe concerne donc les passagers kényans, les conducteurs de poids lourds et les échanges régionaux. Les accidents répétés posent une question d’aménagement, mais aussi de contrôle des véhicules, de formation des conducteurs et de respect des limitations de vitesse.

Dans l’immédiat, l’enquête de la NTSA et les conclusions de la police seront suivies avec attention. Elles devront déterminer si les recommandations déjà formulées pour ce point noir ont été appliquées et quelles mesures peuvent réduire le risque de nouvelles collisions sur cette route stratégique.