À partir du lundi 28 septembre 2026, les voyageurs arrivant à l’aéroport international Blaise-Diagne ne dépendent plus uniquement de la route pour rejoindre Dakar. Le Train express régional (TER) franchit une étape attendue avec l’ouverture commerciale de son prolongement entre Diamniadio et la plateforme aéroportuaire de Diass.

Longue d’environ 19 kilomètres, cette nouvelle section complète la ligne déjà exploitée entre Dakar et Diamniadio. Elle rapproche ainsi la capitale sénégalaise de son principal aéroport international, tout en renforçant le rôle de Diamniadio dans l’organisation urbaine et économique du pays.

Une liaison ferroviaire attendue depuis plusieurs années

Le premier tronçon du TER, mis en service le 27 décembre 2021, relie Dakar à Diamniadio sur environ 36 kilomètres. La deuxième phase porte donc le réseau à près de 55 kilomètres, jusqu’à la gare située au niveau de l’Aéroport international Blaise-Diagne.

Le projet avait été lancé en mars 2022. Son calendrier initial prévoyait une ouverture plus rapide, mais les travaux ont connu plusieurs retards. Les autorités sénégalaises ont notamment évoqué des difficultés de paiement et des ajustements techniques. La mise en service intervient finalement le 28 septembre 2026, à l’approche des Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026.

Le ministère sénégalais des Transports terrestres et aériens présente cette ouverture comme une liaison directe entre Dakar et l’AIBD. L’APIX, chargée de la maîtrise d’ouvrage déléguée, la SENTER et la SETER ont participé à la réalisation et à la préparation de l’exploitation du tronçon.

La gare a été conçue pour assurer la continuité entre le train et le terminal aérien. Cette connexion doit réduire les ruptures de trajet pour les passagers, mais aussi faciliter les déplacements des salariés de l’aéroport, des équipages et des entreprises installées dans la zone.

Dakar, Diamniadio et l’aéroport dans un même axe

L’enjeu dépasse le simple trajet entre une gare et un terminal. Depuis le transfert des activités aéroportuaires vers Diass, l’accès à l’AIBD repose largement sur les autoroutes, les taxis, les véhicules particuliers et les services de navette. Les temps de parcours varient donc selon la circulation, notamment sur les axes reliant Dakar à Diamniadio.

Le TER propose désormais une autre option. Depuis le centre de Dakar, le trajet jusqu’à l’aéroport doit s’effectuer en moins d’une heure dans les conditions prévues par les opérateurs. Cette régularité peut être utile aux voyageurs, mais aussi aux travailleurs qui effectuent quotidiennement le déplacement entre la capitale, la banlieue et la zone aéroportuaire.

Pour les ménages, l’intérêt dépendra toutefois de plusieurs facteurs. Le prix du billet, la fréquence des trains, les horaires très matinaux ou tardifs et la facilité d’accès aux gares pèseront directement sur l’usage réel de la ligne. Une liaison rapide ne devient pleinement populaire que si elle reste compatible avec les revenus et les rythmes de vie des usagers.

La première phase du TER avait déjà été pensée comme une réponse à la congestion de Dakar. Elle dessert plusieurs pôles densément peuplés de la banlieue et accompagne le développement de Diamniadio, ville nouvelle située à l’est de la capitale. Le prolongement vers l’AIBD donne à cette infrastructure une fonction supplémentaire : relier les principaux espaces de mobilité du triangle Dakar-Diamniadio-Diass.

Un test grandeur nature avant les Jeux olympiques de la Jeunesse

La mise en service arrive à quelques semaines des Jeux olympiques de la Jeunesse, prévus au Sénégal en 2026. Le pays sera le premier en Afrique à accueillir cette compétition multisport destinée aux jeunes athlètes. Les autorités veulent utiliser le TER pour transporter les délégations, les visiteurs et une partie des spectateurs entre l’aéroport, Dakar, Diamniadio et les différents sites concernés.

Le gouvernement a demandé aux structures publiques et aux opérateurs impliqués de coordonner les dispositifs liés aux transports, à la propreté et à la circulation autour du parcours. La Primature du Sénégal avait fixé comme objectif l’exploitation de la section Diamniadio-AIBD avant le début des préparatifs opérationnels de l’événement.

Cette échéance constitue une vitrine, mais aussi une contrainte. Le TER devra absorber une demande plus forte dans un contexte où les visiteurs ne connaissent pas toujours les itinéraires, les titres de transport ou les correspondances. La fiabilité des horaires et la capacité à gérer les flux seront donc aussi importantes que l’existence de la voie ferrée.

Pour les habitants des quartiers éloignés de Dakar, l’impact sera néanmoins indirect si les correspondances avec les autres moyens de transport restent insuffisantes. Le TER ne dessert pas chaque commune. Les trajets complets dépendront encore des bus, des taxis et des déplacements à pied entre les gares, les domiciles et les lieux de travail.

Une première étape dans l’extension du réseau sénégalais

Le prolongement vers l’AIBD s’inscrit dans une ambition plus large de modernisation du transport ferroviaire sénégalais. L’APIX indique que le projet s’insère dans un corridor appelé à relier Dakar, Diamniadio, Thiès et, à terme, Mbour. Des extensions vers Thiès sont déjà évoquées, tandis que Mbour apparaît comme une possibilité pour les prochaines phases.

Cette perspective pose toutefois la question de la cohérence du réseau. Chaque extension devra être accompagnée d’une planification des gares, des correspondances, de la maintenance et du financement de l’exploitation. Le coût de construction ne suffit pas à mesurer la réussite d’un projet ferroviaire : sa fréquentation, sa régularité et sa soutenabilité financière compteront également.

Le TER devient ainsi un élément de la transformation territoriale du Sénégal. Il relie la capitale à une ville nouvelle, à un aéroport international et à des zones d’activité en croissance. Pour les autorités, il s’agit de réduire la pression sur Dakar. Pour les usagers, l’attente porte surtout sur un service ponctuel, accessible et réellement adapté aux déplacements quotidiens.

La prochaine échéance sera celle des Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. Après cette compétition, le fonctionnement quotidien de la liaison permettra de mesurer sa véritable portée. Le défi sera alors de faire du trajet Dakar-AIBD autre chose qu’une infrastructure inaugurée : un service régulier intégré à la mobilité des Sénégalais.