L’affaire de l’assassinat de l’opposant tunisien Chokri Belaïd continue de susciter des remous en Tunisie, où quatre personnes ont été condamnées à mort dans le cadre de ce procès. Retour sur cette affaire qui a secoué le pays en 2013.

Un assassinat politiquement motivé

En 2013, Chokri Belaïd, avocat et critique virulent du parti islamo-conservateur Ennahdha alors au pouvoir, a été assassiné devant son domicile à Tunis. Cet acte a marqué un tournant dans la scène politique tunisienne, provoquant une profonde crise. Vingt-trois personnes ont été inculpées dans le cadre de ce meurtre politique.

Des condamnations et des révélations

Mercredi 27 mars, le tribunal de première instance de Tunis a rendu son verdict dans ce procès emblématique. En plus des quatre condamnations à mort, deux accusés ont été condamnés à la prison à perpétuité. Les peines prononcées vont de 2 à 120 ans d’emprisonnement pour les autres inculpés. Cependant, cinq individus ont été acquittés dans cette affaire.

La Tunisie a été profondément marquée par ces assassinats politiques, qui ont conduit Ennahdha à céder le pouvoir à un gouvernement de technocrates en 2014, suite à une crise politique majeure.

Les suites de l’affaire Chokri Belaïd

Le président actuel de la Tunisie, Kais Saied, a fait de la résolution de ces meurtres une priorité nationale. En 2022, il a pris des mesures drastiques en révoquant de nombreux magistrats soupçonnés d’avoir entravé l’enquête. Cette affaire a ainsi révélé des dysfonctionnements au sein du système judiciaire tunisien.

En février 2023, le ministère tunisien de la Justice a annoncé la création d’une commission chargée d’examiner en profondeur les enquêtes et les poursuites liées aux assassinats de Chokri Belaïd et du député Mohamed Brahmi, également assassiné quelques mois après lui.

Des tensions politiques persistantes

Les proches de Chokri Belaïd ont pointé du doigt Ennahdha, l’accusant d’avoir toléré voire encouragé un discours islamiste radical dans le pays. Ennahdha a rétorqué en qualifiant le mouvement salafiste Ansar al-Charia d’organisation terroriste suite à ces assassinats politiques.

Ces événements tragiques ont profondément marqué la Tunisie et révélé les tensions politiques et idéologiques qui persistent dans le pays, malgré les changements intervenus depuis la Révolution de 2011.

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