Un nouveau rapport de l’Institute for Health Metrics and Evaluation de l’université de Washington, publié dans The Lancet, met en lumière une tendance préoccupante : les taux de fécondité mondiaux devraient chuter d’ici 2100, selon les chercheurs.
Une baisse significative de la fécondité mondiale
Les chercheurs ont utilisé l’indice synthétique de fécondité (ISF) mondial pour évaluer la population. Cette diminution est particulièrement marquée dans des pays comme la Corée du Sud et la Serbie, où le taux est inférieur à 1,1 enfant par femme.
Des disparités régionales marquées
En contraste, en Afrique subsaharienne, le taux de fécondité s’élève à quatre enfants par femme en 2021, avec des variations notables d’un pays à l’autre. Par exemple, le Tchad affichait le taux le plus élevé, avec sept naissances par femme cette année-là.
D’ici à 2050, plus de trois quarts des nations du monde ne devraient pas produire suffisamment d’enfants pour maintenir leur population au fil du temps, soulignant ainsi l’ampleur du défi démographique à venir.
Les raisons de cette baisse de la fécondité
La directrice du Leverhulme Centre for Demographic Science de l’université d’Oxford, Melinda Mills, avance plusieurs explications à cette tendance. Le coût élevé de la vie, les frais de garde d’enfants et les préoccupations liées à l’avancement professionnel dissuadent de nombreuses femmes d’avoir des enfants dans de nombreux pays.
Dans des pays comme le Japon et l’Italie, l’âge moyen du premier enfant a considérablement augmenté, atteignant 32 ans, ce qui conduit à ce que Mills qualifie de « grève des bébés ». Cela se traduit par des familles ayant des enfants plus tard dans la vie et réduisant le nombre global d’enfants par ménage.
Précaution et perspectives
Cependant, Melinda Mills met en garde contre une interprétation trop hâtive de ces données. Elle souligne qu’il est crucial de ne pas confondre ces projections avec la réalité de la fécondité effective, tant pour les hommes que pour les femmes, dans les différents pays étudiés. De plus, d’autres facteurs comme le changement climatique, les conflits armés ou les pandémies peuvent également influencer les tendances démographiques.
Il est donc essentiel de prendre du recul et d’analyser ces données dans un contexte plus large. Si les projections mettent en lumière des défis majeurs en matière de fécondité dans certaines parties du monde, il est également crucial de considérer l’ensemble des facteurs environnementaux et sociétaux qui pourraient impacter ces tendances à l’avenir.