Un dernier carré qui dit beaucoup du basket africain des jeunes
À Abidjan, la demi-finale de l’AfroBasket U18 féminin ne se résume pas à deux affiches. Elle met aussi en scène quatre programmes de formation qui comptent dans le paysage continental : le Mali, l’Égypte, la Côte d’Ivoire et le Nigeria. Dans cette catégorie, le résultat pèse double. Il ouvre la porte du titre, mais surtout de la Coupe du monde U19 féminine 2027, pour laquelle l’Afrique dispose de deux places.
Le tournoi 2026 se joue au Palais des Sports de Treichville, à Abidjan, du 5 au 16 août 2026. FIBA Africa l’a confirmé après avoir attribué l’organisation à la Côte d’Ivoire, déjà saluée pour sa capacité à accueillir de grands rendez-vous du basket continental. Dans ce format, les quarts de finale ouvrent la voie au dernier carré, tandis que les deux équipes qui tombent à ce stade basculent dans les matchs de classement.
Le Mali reste la référence, l’Égypte revient dans le bon tempo
Le Mali aborde cette demi-finale en position de favori, au moins sur l’historique. Les Maliennes ont remporté les deux dernières éditions du tournoi et dominent largement le palmarès continental des U18, avec neuf titres recensés par FIBA. Leur parcours à Abidjan a été net, avec une victoire très large contre le Kenya en quart de finale, 93-22, après une montée en puissance qui a cassé le match dans le troisième quart-temps.
L’Égypte, elle, revient à ce niveau de la compétition avec plus de certitudes qu’en 2024. FIBA rappelle que la sélection égyptienne avait gagné le titre continental en 2020, avant de retrouver une place forte dans la hiérarchie africaine des jeunes. À Abidjan, les Égyptiennes ont franchi l’obstacle ougandais en quart de finale, 80-50, en s’appuyant sur leur présence dans la raquette et sur une adresse plus régulière que leur adversaire.
Le duel entre les deux équipes ne sort pas de nulle part. Les statistiques FIBA recensent déjà plusieurs confrontations directes dans cette catégorie, avec un avantage très net pour le Mali. Cette mémoire compte, parce qu’elle nourrit la confiance des unes et l’ambition des autres. Elle explique aussi pourquoi la demi-finale du 14 août ressemble moins à une surprise qu’à un nouveau test de hiérarchie.
Abidjan porte la Côte d’Ivoire, mais le poids du public change tout
Dans l’autre demi-finale, la Côte d’Ivoire joue avec un atout rare : le public. Le pays hôte a écarté la Tunisie en quart de finale sur un score serré, 45-28, dans un match fermé où la défense ivoirienne a fait la différence. Ce retour des Ivoiriennes dans le dernier carré est symbolique. FIBA indique qu’il s’agit de leur première présence à ce niveau depuis 2006, année où elles avaient terminé deuxièmes au Bénin.
Le Nigeria arrive avec une autre logique. Les Nigérianes ont battu le Cameroun 75-45 en quart de finale, après avoir aussi connu un match de poule serré contre cette même équipe. Là encore, la lecture doit rester prudente : les Junior D’Tigress ont avancé grâce à un collectif mieux armé, à une défense agressive et à une gestion plus froide des temps faibles. Le Nigeria reste, dans cette catégorie comme dans d’autres filières féminines du continent, l’une des puissances les plus structurées.
Le contexte régional ajoute une couche supplémentaire. La Côte d’Ivoire a déjà montré, avec l’organisation de la Women’s AfroBasket 2025 puis des compétitions de jeunes en 2026, qu’elle peut transformer Abidjan en place forte du basket africain. Pour la Fédération ivoirienne et pour FIBA Africa, l’enjeu dépasse le simple calendrier : il s’agit aussi de consolider une capacité d’accueil, de visibilité et de professionnalisation sur la durée.
Au-delà du trophée, un ticket mondial et un signal pour la formation
Le vrai enjeu de ces demi-finales est clair : les deux finalistes iront au Mondial U19 féminin 2027. Pour le Mali comme pour le Nigeria, déjà installés parmi les références du continent, une qualification confirmerait la continuité d’un travail de formation. Pour l’Égypte et la Côte d’Ivoire, elle dirait autre chose : la capacité à revenir dans le cercle des sélections qui comptent lorsque la pression monte.
Cette mécanique compte aussi pour les joueuses. À cet âge, l’AfroBasket n’est pas seulement une compétition. C’est un accélérateur de carrière, un premier espace de visibilité internationale et un indicateur de profondeur de banc pour les fédérations. Les chiffres, les écarts et les styles de jeu racontent donc aussi l’état des académies, des championnats locaux, de l’encadrement médical et du suivi scolaire, tout ce qui construit ou fragilise un parcours sportif.
Sur le plan continental, il faut enfin surveiller la suite immédiate : les matchs de classement et l’issue du dernier carré, qui diront si le tournoi confirme la domination malienne ou s’il ouvre la voie à un renouvellement des forces en présence. Avec Abidjan comme vitrine, la compétition offre à la fois une photographie du basket féminin de jeunes en Afrique et une projection vers le cycle international qui s’ouvre en 2027.