L’UNICEF révèle que plus de 230 millions de femmes et de filles ont été victimes de mutilations génitales féminines, majoritairement en Afrique, selon un rapport récent.
Baisse constatée mais lente progression
Le rapport de l’UNICEF souligne que, malgré une baisse du pourcentage de femmes et de filles subissant des mutilations génitales féminines, les efforts pour éradiquer cette pratique sont jugés insuffisants face à la croissance rapide des populations. Cette pratique, souvent justifiée à tort pour contrôler la sexualité féminine, expose les victimes à des risques graves tels que des hémorragies, des infections et des complications à l’accouchement.
Impact à long terme et tendances préoccupantes
Les conséquences à long terme de ces mutilations incluent des infections urinaires, des problèmes menstruels, des douleurs, des complications lors de l’accouchement, ainsi que des troubles psychologiques comme la dépression et le syndrome de stress post-traumatique. De plus, la tendance inquiétante d’une pratique de plus en plus précoce sur des filles, parfois même avant l’âge de cinq ans, rend les interventions difficiles à mettre en place, selon Catherine Russell de l’UNICEF.
Au niveau régional, l’Afrique compte le plus grand nombre de cas, avec 144 millions de femmes et de filles ayant subi des mutilations génitales féminines, suivie de l’Asie et du Moyen-Orient. La Somalie affiche le taux le plus élevé, où 99% de la population féminine âgée de 15 à 49 ans a été excisée. Toutefois, des progrès significatifs ont été réalisés au Burkina Faso, réduisant le nombre de femmes excisées de 80% à 30% en trente ans.
Situation critique dans les pays en conflit
Le rapport met en lumière que 4 survivantes sur 10 résident dans des pays en conflit, perturbant ainsi les efforts de prévention et de soutien aux victimes. « L’Éthiopie, le Nigeria et le Soudan comptent parmi les pays touchés par des conflits avec le plus grand nombre de victimes de mutilations génitales féminines », précise le rapport.
Malgré des avancées notables dans certains pays, le rapport alerte sur le fait que l’objectif des Nations unies d’éliminer cette pratique d’ici 2030 est loin d’être atteint. Des progrès dix fois plus rapides que ceux observés jusqu’à présent sont nécessaires pour répondre à cet objectif.
Appel à l’action urgente
Nimco Ali, directrice générale de la Five Foundation, souligne l’urgence d’augmenter les fonds pour mettre fin à cette violation des droits fondamentaux des femmes. Elle appelle à une mobilisation intense au cours des six prochaines années de cette décennie pour protéger la prochaine génération des horreurs des mutilations génitales féminines.
Les chiffres alarmants fournis par l’UNICEF révèlent l’ampleur de ce fléau et la nécessité d’une action concertée à l’échelle mondiale pour éliminer définitivement cette pratique barbare qui nuit gravement à la santé et au bien-être des femmes et des filles.







